Tribune sur l’abolition universelle de la peine de mort.

Tribune sur l’abolition universelle de la peine de mort, cosignée par le Ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et son homologue costaricien Enrique Castillo, publiée dans la presse locale.

Vers l’abolition universelle de la peine de mort

A la suite du succès de l’initiative visant à introduire la question de la peine de mort au sein des débats du Conseil des droits de l’Homme, la France et le Costa Rica souhaitent réaffirmer avec force leur engagement en faveur de l’abolition universelle de la peine de mort.

Le recours à la peine de mort n’est pas un instrument de politique pénale mais une violation des droits de l’Homme. La peine de mort n’est pas la justice mais davantage le signe de l’échec de celle-ci. En effet, aucun système juridique n’est à l’abri d’une erreur judiciaire. Par sa radicalité et son irrévocabilité, cette sentence comporte le risque inhérent de commettre l’irréparable. Enfin, la peine capitale n’est en rien efficace dans la lutte contre la criminalité.

Aujourd’hui nous sommes convaincus que l’abolition universelle de la peine de mort n’est pas une utopie, mais une cause concrète en passe de l’emporter. L’abolition de la peine de mort n’est pas non plus une question de culture ou de civilisation. Tous les ans, de nouveaux Etats renoncent définitivement à recourir à ce châtiment cruel, inhumain et dégradant.

Dans ce combat, le Costa Rica témoigne d’une détermination historique puisqu’il a été l’un des premiers Etats à abolir la peine de mort en 1871. L’abolition de la peine de mort n’a eu lieu qu’en 1981 en France, alors que l’opinion publique y était encore majoritairement favorable. Aujourd’hui, la cause de l’abolition universelle fait l’objet d’un consensus national, dépassant les clivages politiques. En outre, à travers sa campagne en faveur de l’abolition universelle de la peine de mort, la France a décidé de renouveler et intensifier son engagement. A l’Assemblée générale des Nations Unies, le Costa Rica comme la France ont soutenu en décembre 2012 l’adoption à une majorité toujours plus large de la résolution appelant à l’instauration d’un moratoire universel.

Le Costa Rica et la France ne prétendent donner aucune leçon mais ont une expérience à partager. Parmi les valeurs universelles qui unissent deux Etats aussi éloignés géographiquement, figure le respect absolu de la dignité humaine. La France et le Costa Rica s’associent donc pour porter d’une seule voix le message de l’abolition universelle.

Le Costa Rica et la France veilleront à poursuivre leur coopération dans les enceintes internationales et à continuer de sensibiliser les Etats qui maintiennent la peine de mort. Nos Etats doivent soutenir la cause abolitionniste en contribuant au débat, et apporter l’assistance technique permettant une réflexion et un dialogue dépassionné sur la réforme des systèmes pénaux.

Aujourd’hui, 57 pays continuent d’appliquer la peine capitale. Bien que cette dernière soit en recul, des milliers de condamnés à mort dans le monde attendent leur exécution, et parmi eux sans doute, des innocents. Opposés à l’arbitraire du recours à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances, la France et le Costa Rica se tiennent à leurs côtés./.

Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères

Enrique Castillo, Ministre des Relations extérieures et du Culte
  • Publication de la version en espagnol dans le quotidien La Nación, 14 juillet 2013

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  • Publication de la version en espagnol dans le quotidien La Prensa Libre, le 10 juillet 2013.
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Dernière modification : 18/07/2013

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